COLLEGE METROPOLITAIN DES GRANDS PROFES

« Il est bon de tenir caché le secret du roi, mais il est honorable de révéler et de publier les œuvres de Dieu. » – Tobie (12,6)

La Grande Profession 

une transmission ininterrompue depuis 1778

Le 3 décembre 1778, six Frères [Tous CBCS] réunis à Lyon
fondent la Grande Profession, troisième et ultime classe du Régime
Rectifié. Trois d’entre eux —Jean-Baptiste Willermoz, Jean Paganucci et
Frédéric-Rodolphe Salzmann — sont initiés dans l’Ordre des Élus Coën,
garantissant une filiation directe avec la doctrine de la Réintégration des
êtres de Martinez de Pasqually.
Par souci de discrétion, l’origine lyonnaise de cette classe secrète
est dissimulée derrière une prétendue provenance allemande. Ce secret,
scellé par serment, devient le socle d’une transmission rigoureuse et
confidentielle.
Dès 1779, Salzmann et Türckheim fondent à Strasbourg un
Collège équivalent à celui de Lyon, qui deviendra après la Révolution le
Collège Métropolitain de France. Ce dernier donne naissance à plusieurs
Collèges secondaires ou particuliers, notamment à Zurich (dépôt général complet), Francfort et
Darmstadt (aucun dépôt d'archives, seulement les instructions pour les réceptions et liste des membres).
En 1818, Zurich devient le dépôt central de la Grande Profession,
avec l’approbation explicite de Jean-Baptiste Willermoz et du Prince
Charles de Hesse Cassel. Cette transmission se poursuit sans rupture
jusqu’en 1960, date à laquelle le Collège de Zurich restitue officiellement
le dépôt à Paris, en installant Jean Baylot [Eques a Libertate] comme
président.
Chaque membre de la Grande Profession est inscrit selon un rang
initiatique, reflétant sa place dans la filiation et son engagement
spirituel. Ce système de rangs permet de préserver l’intégrité et la
régularité de la transmission et d’honorer la mémoire des fondateurs du
Régime Rectifié.
La Grande Profession demeure aujourd’hui le garant doctrinal du
Régime Rectifié, fidèle à la vision spirituelle de ses créateurs, et
incarnée dans une tradition vivante, rigoureuse et profondément
initiatique.

Conscients des troubles préoccupants qui affectent actuellement la
Maçonnerie Rectifiée en France, et plus particulièrement certains
Grands Prieurés, plusieurs Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte,
réunis au sein du Collège Métropolitain en France, ont décidé d’apporter
leur concours éclairé aux Frères en quête de vérité. Par cette démarche,
ils entendent offrir des réponses claires, rigoureuses et légitimes aux
interrogations suscitées par l’existence de collèges dont la filiation
apparaît incertaine et dont la transmission mérite d’être examinée avec
discernement.

Cette épopée est relatée en détail à travers deux ouvrages parus et à
paraitre aux Éditions Modestia :
Rodolphe Salzmann Grand Profès
De Wilhelmsbad I & II à nos jours : la voie tracée du Régime Rectifié
« Un éclairage historique et spirituel pour comprendre et vivre
le Régime Rectifié selon l’intention des fondateurs, de
l’après-Révolution jusqu’aux Frères du XXIᵉ siècle »

Collège Métropolitain des Grands Profès en France

La troisième Classe du Rite Maçonnique Rectifié est une Classe secrète pour ce qui est de son contenu doctrinal et de qui sont les membres qui le compose.

En revanche, cette Classe n'était pas secrète dans l'histoire du Rite puisqu'elle était la troisième et son existence était connue de tous les Chevaliers Bienfaisants de le Cité Sainte.

La Classe est au dessus des Obédiences et ne peut être souchée comme un  haut grade d'un Prieuré Rectifié où qu'il soit. Elle est la Classe de l'Ordre tout entier sans distinction géographique et entité juridictionnelle. 

Il n'existe qu'un seul Collège Métropolitain en France. Il ne peut y en avoir qu'un. Il tient sa légitimité par la transmission des Supérieurs passés tant sur le plan des archives de l'Ordre que par la transmission doctrinale faite dans les règles statutaires et ésotériques. 

Dans son histoire, le C. M. a toujours été l'organe qui régit le Rite dans son ensemble. Il a été décrété par ses chefs comme l'organe protecteur de l'Ordre. Protecteur du respect de ses rituels et de la doctrine de ceux-ci, protecteur d'une possible déviance par des Frères non instruits par les FF. membres sans discontinuer de cette Classe depuis sa création. 

Enfin, protecteur du rite en le diffusant dans la pureté initiale sans dévier de son sens doctrinal et des mystères de son secret.

Protection du Rite Maçonnique Rectifié 

Le Rite Maçonnique Rectifié est le système maçonnique structuré dans un ensemble qui le propulse comme Rite le plus ancien en France. Cette structuration se situe bien avant le Rite Français et le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Le Rite dans son ensemble est utilisé, de nos jours, avec beaucoup de lacunes ou pertes de connaissances de son application au fil du temps.

Il est victime d'une carence dans l'instruction du Rite. Le C. M. protège ces déviances volontaires ou involontaires des structures contemporaines par des Instructions précises, bienfaisantes et consolantes pour guider les Frères vers l'objectif du principe Divin, l'ascension. 

Protection de la Doctrine primitive

Sa Doctrine puissante à travers sa Mystique chrétienne additionnée à d'autres doctrines portées à la connaissance des FF. GG. PP. dans leurs travaux si particuliers, entraîne les Frères de désir sur des découvertes insoupçonnées d'une Science sublimée par les premiers FF. de l'Ordre.

Aide à la diffusion régulière du Rite sous l'appellation : 

    D. M. L. R. R. 

Le Collège Métropolitain comme protecteur de l'Ordre à le devoir voire l'obligation d'empêcher le Rite de disparaître. 

Pour cela, il reçoit dans son sein :

- tous les Frères de désir 

- toutes les Loges de désir 

- aide toutes les Grandes Loges dans le monde qui veulent intégrer le Rite dans la plus pure légalité. 

Le Collège est détenteur des archives de celui-ci depuis 246 ans, de ses instructions et connaissances acquises durant des siècles. 

Il est le seul à pouvoir patenter régulièrement le Rite pour les Loges qui le souhaitent sous le nom de "Directoire Métropolitain des Loges Réunies et Rectifiées" en France et dans le monde par sa transmission régulière, régies par le code régulier du Régime Rectifié.

Tout autre organisme qui s'en revendique n'a aucun pouvoir de ce qu'il prétend. 

Les archives secrètes en notre possession en sont les garantes.

De Eq. ab Eremo à Eq. a Flumine 

..." Il faut encore avant tout vous interroger et scruter dans quelles intentions vous vous livrez à ce désir et au travail pénible qui le suivra. Vous reconnaîtrez bientôt en vous un double motif : dans le premier le plus naturel de tous, celui d’acquérir et d’augmenter votre propre instruction. Mais ne s’y glissera-t-il point un peu de cette curiosité inquiète de l’esprit humain, qui veut tout connaître, tout comparer, tout juger de sa propre lumière et qui par-là empoisonne tout le fruit de ses recherches ? Dans le second, celui de pouvoir vous rendre le plus utile à vos semblables, qui est le plus louable de tous en apparence puisqu’il rentre dans l’exercice de la charité chrétienne si recommandée à tous. Mais s’il est entré dans votre plan de l’appliquer à telle ou telle personne, société, localité, tenez-vous en garde car souvent l’amour propre se glisse insidieusement derrière des motifs si louables, en altère la pureté, en corrompt tous les fruits". 

 

"Lettre de Willermoz à De Türckheim" 

Le testament spirituel de Jean-Baptiste Willermoz : 
 

la lettre du 30 mars 1822

Dans le silence profond de la vieillesse, Jean-Baptiste Willermoz, figure centrale du Régime Écossais Rectifié, adresse à Jean de Türckheim une lettre qui dépasse la simple correspondance fraternelle. Datée du 30 mars 1822, elle s’impose comme un véritable testament spirituel, rédigé par un maître parvenu au terme de son parcours initiatique. Ce texte, empreint de gravité et de paix intérieure, scelle la clôture définitive du cycle des Élus Coën et affirme la légitimité doctrinale du Régime Rectifié comme voie opérative, intérieure.


La fin d’un cycle : extinction providentielle de la filiation Coën
Willermoz y rappelle avec clarté que la filiation Coën est désormais éteinte. Aucun initié vivant — ni lui-même, ni Frédéric Rodolphe Salzmann — ne peut transmettre légitimement le système complet institué par Martinez de Pasqually. Cette extinction n’est pas le fruit d’un
oubli ou d’une négligence, mais une disposition providentielle. Le cycle Coën était limité dans le temps, lié à des instruments et des hommes précis. Le dépôt est scellé par fidélité à l’ordre divin. Salzmann, bien qu’ayant reçu l’intégralité de la transmission, refusa systématiquement de la perpétuer, devenant ainsi gardien du silence plutôt qu’artisan d’un
renouveau illusoire.


La transmutation doctrinale dans la Grande Profession 


Loin d’un abandon, Willermoz affirme que l’essence doctrinale du système Coën a été conservée et transposée dans la classe de la Grande Profession du Régime Rectifié. Conçue dès le Convent des Gaules et achevée avec Salzmann, cette classe — qui inclut les grades de
Profès et de Grand Profès — est épurée de toute forme théurgique. Elle transmet la doctrine de la Réintégration dans une forme renouvelée, autonome, et dégagée de toute référence explicite à Pasqually. Ce grade constitue le « sceau » du Régime Rectifié, porteur des vérités les plus hautes de la tradition Coën, transmutées dans une simplicité rituelle qui dissimule une profondeur mystique.


Contre l’ésotérisme formel : une voie du cœur et du silence

 

Willermoz met en garde contre la tentation de l’ésotérisme formel. La vérité initiatique ne dépend ni du nombre de grades ni de leur structure ancienne. Elle réside dans la fidélité au Dessein divin, dans la prière constante et dans la droiture du cœur. Les symboles ne sont que
des véhicules : seule la lumière intérieure guide l’élévation spirituelle. Le silence devient ainsi la forme ultime de la fidélité. Aucun grade, aucun rite ne saurait égaler l’opération lente et cachée par laquelle l’âme se réintègre dans l’ordre de sa nature primitive.


Le dépôt sacré : secret, discernement et christianisme intérieur
Willermoz confie à Türckheim la responsabilité de garder cette lettre dans le secret des Grands Profès de la Ve Province de Bourgogne. Le dépôt sacré ne doit pas être multiplié sans discernement, mais vécu intérieurement. Ni lui, ni Salzmann — décédé un an plus tôt — ni
aucun autre Frère à Lyon ne transmettront plus ces enseignements. Le cycle visible est clos.


S’ouvre alors l’ère d’un christianisme intérieur, initiatique, fidèle à l’esprit sans être prisonnier de la lettre. Cette lettre constitue un sommet de la doctrine rectifiée, au même niveau que les Instructions de la Grande Profession ou le Code Maçonnique des CBCS.
Il est significatif que ni Türckheim — qui ne possédait que le grade de G.P.R. ✠ — ni Salzmann — fidèle au silence voulu par Willermoz — ne révélèrent quoi que ce soit des grades Coën. Le seul à se livrer à une quête active fut le Frère a Garba, Raimond de Besançon, qui tenta discrètement de retrouver les premiers grades pour satisfaire les Princes
de Hesse. Selon les archives de l’Ordre, il y serait parvenu partiellement, sans jamais en informer Salzmann. Enfin, il est à noter que ni Joseph Antoine Pont, ni Willermoz neveu (Eq. a Lilio Albo) ne furent G.P.R. ✠, encore moins Coën.

AVERTISSEMENT ET MISE AU POINT IMPORTANTE 

SUR LA GRANDE PROFESSION ET SA REGULARITE EN FRANCE

Les Instructions de la troisième Classe dites « secrètes », la seule qui soit non ostensible dans le Régime Maçonnique Rectifié, représentent le cœur de la pensée que Jean Baptiste Willermoz nous a légué et confié.

Cette Classe, et tout ce qui la concerne, connue des seuls Grands Profès eux-mêmes, voici ce qu’écrit Jean-Baptiste Willermoz (Eq. Ab Eremo) dans une lettre adressée à Charles de Hesse, le 10 septembre 1810 : « C’est à cette classe qui est le dernier grade en France du Régime Rectifié, qui était répandue partout en petit nombre, partout inconnue et dont l’existence même est soigneusement cachée depuis son origine à tous les chevaliers qui n’ont pas été reconnus dignes et capables d’y être admis avec fruit qu’était due la prospérité du Régime dont j’ai parlé plus haut ».

Au mépris des statuts qui la régissent et des engagements prononcés, elles font trop souvent l’objet de graves modifications et violations, occasionnées par les syncrétismes venus d’autres Rites, souvent instituées et imposées par des Frères ayant peu ou pire aucune « connaissance ». Les dirigeants et autorités juridictionnelles à la tête de structures souvent multi-rites les ont au fil du temps effacées du paysage maçonnique « rectifié » en raison d’amalgame et d’équivalence entre les grades des différents rites, ignorant l’irrégularité d’une telle pratique dans notre Régime.

De même, dans la méconnaissance et l’irrespect des Statuts de l’Ordre, certains ont constitué des Néo-Collèges, allant jusqu’à les dénommer « Métropolitains ». Démontrant ainsi la carence de leur filiation, ils n’hésitent pas à les domicilier en divers lieux en France et à l’étranger alors qu’il est écrit : « Le Chef-lieu général ou Collège Métropolitain de l'Ordre des Grands Profès en France est fixé à Lyon… ».

 « Autoproclamassions » ou « lignées imaginaires », les dérives sont aussi fréquentes que les rencontres de Grands Profès illégitimes, qui mettent en avant une qualité qu’ils n’ont pas, ou une qualité qu’ils devraient taire.

Le secret ou la discrétion, qui sont de règle, ont contribué à faciliter ces actions frauduleuses et intéressées, commerciales dans certains cas, qui trahissent l’esprit même du « Haut et Saint Ordre » que les Grands Profès promettent pourtant de protéger et de conserver. Imposture dans la transmission, dans la connaissance, dans l’attitude, usurpation de titres comme « Sérénissimes, Révérendissimes Chevaliers », portant décorations et décors dont ils ignorent que le Régime Maçonnique Rectifié et la classe de la Profession sont aussi éloignés qu’eux le sont de la doctrine de Jean-Baptiste Willermoz.

Doux, affables, sans vanité ni prétention ; convaincus de leurs imperfections, ayant toujours soin d’user avec prudence et discrétion de leur qualité, les Grands Profès seront zélés à concourir, avec leurs Frères et par des actes de bienfaisance, vertu à laquelle ils se sont spécialement dévoués, en faveur de l'humanité et en particulier du Régime Maçonnique Rectifié.

Ceux qui, par vanité et ambitions égotiques contraires aux principes auxquels ils se sont voués comme Grand Profès, s'oublieraient jusqu'à se rendre coupables d'indiscrétion, seront retardés dans leur progrès, privés pour un temps des lumières ultérieures des Frères, et suivant le cas, ils seront abandonnés à eux-mêmes, sans qu'il soit besoin de les en prévenir. Craignant d'exposer la « Vérité » au mépris ou à l'inattention des hommes frivoles, principalement de ceux qui n'annoncent qu'une curiosité présomptueuse et stérile, ils seront maintenus en dehors de la classe des Grands Profès, qui rejette les carriéristes.

Pour toutes ces raisons, nous adaptant à un monde moderne, nous sortons aujourd’hui, de l’ombre pour rétablir la Vérité et ramener l’Ordre des Grands Profès dans le cadre qui est le sien. 

Revenue de Suisse en 1958, où elle était conservée depuis le XIXème siècle, elle a été rétablie en 1960 en France régulièrement par les chefs de l’Ordre, retrouvant ainsi son lieu de naissance et son siège historique régulier à Lyon, avec les protocoles, les actes, les cahiers, les mots secrets, le tableau d’admission avec les numérations d’Ordres. 

La Classe des Grands Profès, son Collège Métropolitain et ses Collèges Particuliers ne peuvent appartenir à aucun système ou juridiction maçonnique de type Grande Loge, Grand Orient, Grand Prieuré et autres Directoires, car cela est contraire aux statuts de l’Ordre. Ils se situent au sommet du Régime Maçonnique Rectifié « en son entier » en dehors de tous les systèmes et doivent le rester. 

Beaucoup d’abus sont déjà connus de nous !

Le Collège Métropolitain des Grands Profès en France, dont le siège est à Lyon, conformément à ses Statuts, n’est pas adossé, ni affilié à aucune Juridiction, Obédience, structure rectifiée ou autre. Il ne le peut pas !

Indépendant et autonome, sa seule et unique vocation est la transmission de « l’esprit » du Régime Maçonnique Rectifié, la conservation de nos archives et documents, l’étude et l’approfondissement de la doctrine du « Haut et Saint Ordre. ». Il réunit tous les Collèges Particuliers réguliers en France et hors de France, dans toutes les « Nations rectifiées ». Il reconnait et rassemble tous les Profès et Grands Profès dans le monde.

Il est le conservateur du Régime, de sa doctrine, de ces us et coutumes.

Le Collège Métropolitain.

©Droits d'auteur. Tous droits réservés.

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